Où sont les prodiges ?
A l'Open 13, les destinées des Français se croisent. Si Fabrice Santoro est
toujours aussi irrésistible, Richard Gasquet poursuit son calvaire.
Une nouvelle fois sorti au premier tour, le prodige tricolore
n'est que l'ombre de lui-même depuis plus d'un mois.
Tout comme Gaël Monfils.
«Gasquet était cuit»
Prodige, perle, surdoué. Il y a encore quelques mois, les bons mots ne manquaient pas
pour décrire Richard Gasquet. Après quatre tournois où il n'a pas su passer l'écueil
du premier tour, que reste-t-il de tous ces superlatifs ? Poussif, en dedans,
inhibé. Voilà ce qui prévaut à l'heure actuelle pour qualifier le Français.
Un vrai gâchis quand on connaît les aptitudes du Biterrois. Car
celui-ci n'est pas encore à son meilleur niveau. C'est bien
cela qu'on lui reproche. «Je crois tout simplement
que Richard était cuit après son week-end de
Coupe Davis».
Etrangement, les mots sont d'Arnaud Clément. Plutôt surpris d'avoir infligé une petite
correction à son cadet (avant de sortir Fernando Verdasco). Une désillusion, une
de plus, a du même coup fait ressurgir ses vieux démons, à savoir un moral
friable et une condition physique défaillante. Et forcément, le jeu de
Gasquet s'en ressent. Incapable de déborder son adversaire, le
cadet a même dégoupillé lors de l'ultime manche (0/6).
Mais que peut-on alors comprendre de la méforme physique affichée par Gasquet ?
En effet, l'Aixois a lui aussi sorti un gros match contre l'Allemagne le week-end
dernier. Bien qu'évoluant en double au cours d'une rencontre pliée en moins
de trois heures, la «Clé» aurait très bien pu connaître un légitime passage
à vide. Il n'en fut rien, au grand désespoir de son opposant, une
nouvelle fois sorti par la petite porte.
Devant cet océan de déceptions, il semblerait pourtant que l'on puisse vanter comme
il se doit le génial coup de poker tenté par Guy Forget, en intégrant le n° 1 tricolore
au groupe France contre l'Allemagne. Absolument époustouflant lors de son match
contre Tommy Haas, dépeint par les observateurs comme l'homme en forme
du moment, le Biterrois avait alors fait croire à une embellie salvatrice.
Mais sur la Canebière, force est de constater qu'il a payé au prix
fort sa débauche d'énergie.
Que faut-il y voir ici ? Une hypothèse est que Richard Gasquet se serait sacrifié pour
son pays au détriment de sa carrière personnelle. Et aujourd'hui, reste-t-il
seulement des patriotes capables d'un tel coup de folie ?
* Alors, qu'est ce que vous pensez de tout ça ? *